Entre greffes et réécritures tchekhoviennes

Thomas Ostermeier s’est imposé comme l’artiste à même de ramener à la modernité les pièces d’Ibsen auxquelles il a fait subir un traitement particulier, aussi bien au niveau du traitement scénique que textuel. Pour La Mouette dont il vient d’y avoir la première au Théâtre Vidy – Lausanne, il opte pour un procédé similaire sans qu’il trouve, à mon avis, une même pertinence. Il intègre les références les plus immédiates de notre actualité –  la Syrie, les migrants – en opérant des insertions qui visent, évidemment, à rapprocher l’oeuvre du contexte contemporain. Continuer la lecture « Entre greffes et réécritures tchekhoviennes »

L’Intruse

« L’Intruse » de Maurice Maeterlinck, mis en scène par Emmanuel Texeraud

Monter une pièce de Maurice Maeterlinck constitue toujours un défi dramaturgique. Comment la réforme théâtrale « symboliste » qu’il entreprend à la fin du 19e siècle, inspirée entres autres par la théorie de la surmarionnette de Kleist, se décline-t-elle au début du 21e ? On se rappelle la proposition géniale de Denis Marleau avec Les Aveugles en 2002¹, « fantasmagorie technologique » projetant le visage des acteurs sur le moulage de leurs traits, suspendus dans l’espace, ou plus récemment, en 2014, l’émouvante version japonaise d’Intérieur par Claude Régy, toute en lenteur et recueillement…

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Décris-Ravage

« Un spectacle documentaire consacré à la Question de Palestine » d’Adeline Rosenstein

« Reste la volonté de comprendre. Or démêler puis refaire le nœud de “ce qui a bien pu se passer pour qu’on en arrive là” exige de la patience. Dans le cas du conflit israélo-palestinien, le nœud est gros de plus de cent ans. Il faut à chaque étape du travail, pas seulement en public, mais aussi entre nous et face aux personnes qui nous livrent courageusement leur témoignage, éviter les mots qui agacent, éviter les termes qui découragent, les ironies qui sèment la confusion, les raccourcis qui tendent au lieu de délier. Après vingt ans d’indignation virulente, j’ai dû trouver autre chose. »
Adeline Rosenstein

Ce sont quatre épisodes de « Décris-Ravage » que l’on a pu voir jusqu’ici, encore tout récemment à L’Échangeur à Bagnolet dans le cadre de « Fabrique des regards : Europe et Moyen-Orient » ; les cinquième et sixième épisodes seront créés ces semaines-ci, complétant le spectacle pour sa présentation complète à La Balsamine en avril prochain. Enfin.

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Les mondes enfouis de Lisbeth Gruwez

À propos de « Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan »

Une piste noire luisante et une danseuse en chemise blanche. Un homme assis à une console qui passe des disques. C’est le dispositif de « Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan », spectacle présenté au KVS à Bruxelles, il y a quelques semaines. Au premier abord, la configuration est sans mystère : lui (le musicien et compositeur Maarten Van Cauwenberghe) est dos à nous, juché sur un petit tabouret devant ses platines, il fume, boit une bière, nonchalamment ; elle (la chorégraphe et danseuse Lisbeth Gruwez), réceptionne chaque nouveau morceau de musique par une nouvelle partition dansée. Tous les deux écoutent la musique de Bob Dylan et la savourent, chacun à leur manière. On passe d’un album à l’autre. Pas de mix : chaque piste est jouée de bout en bout. Et entre chaque chanson, résonnent simplement le silence, la respiration de la danseuse et la complicité tacite des deux artistes. C’est là que la puissance du spectacle nous envahit peu à peu : pas d’artifices, pas de grands effets, pas de commentaires – si ce ne sont les quelques mots jetés parfois par la danseuse à son partenaire, comme pour prendre la température de l’air ou partager le plaisir d’entendre ce son-là.

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Un banquet royal

À propos de « Reflets d’un banquet » mis en scène par Pauline d’Ollone au Théâtre de la Vie (Bruxelles, décembre 2015)

Quoi de mieux pour terminer l’année 2015 que d’assister au Banquet de Platon, au si bien nommé Théâtre de la Vie, tous deux (texte et espace) revisités par Pauline d’Ollone et six comédiens fabuleux.

Remémorons-nous ce texte alors que nous essayons péniblement de nous remettre de notre gueule de bois post-réveillon et de manière à débuter l’année par de bonnes résolutions : relire nos classiques fondateurs, en particulier grecs.

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