On s’en va… un soir de solitude

  • Mise en scène de Krzysztof Warlikowski

J’ai appris, avant de voir le spectacle, la mort de Ludwik Flaszen, et je me suis rappelé Akropolis où tous les personnages vont à la mort « avec le sourire aux lèvres » comme m’a dit un jour Jerzy : « Le sourire ? Pourquoi ? parce qu’ils veulent dire : comment ce n’est que ça ? »…

Et puis je suis parti avec On s’en va…, une vie et les morts qui se succèdent, pour des raisons biologiques, par accident, par excès érotiques. Ici ce n’est pas un groupe dans son intégralité qui est voué à la mort, mais un groupe qui se défait par les morts, une mort à laquelle personne n’échappe. Elle est inéluctable ! Mais personne ne la craint, chacun la subit et le groupe se réduit tout en se réunissant pour la cérémonie des adieux où les discours échouent invariablement : personne ne parvient à apaiser par la parole.

Wyjezdzamy 29_Crédit Magda Hueckel
Wyjezdzamy 29_Crédit Magda Hueckel

Parole pauvre, parole détournée, parole accusatrice.

La séparation comporte chaque fois, pour les témoins réunis, le même sentiment de pauvreté, d’impossible apaisement ! Ici les gens cultivent des relations d’une diversité extrême, ils se disputent, s’agressent, mais sur un fond d’affection souterraine, nappe phréatique qui coagule la communauté. Et comment ne pas évoquer le fils, candidat perpétuel au départ pour la Suisse, qui arrache le sac à sa mère sur son lit de mort pour faire ensuite le constat émouvant selon lequel il partage avec elle ses rêves ? Affection qui relie les êtres au plus profond d’eux –mêmes ! Et ce même fils, placé entre ses deux parents défunts, n’avoue-t-il pas : « désormais rien ne me sépare plus de la mort ». Quand les parents sont partis, il est temps de s’en aller !

Au sein du groupe les conflits sont liés à des frictions contingentes, à des heurts passagers mais il n’y a guère de haine ! Il y a la vie sans fard, ni sentimentale, ni gorgée de ressentiments. Une vie où l’affection n’évite pas la dérision, où l’amitié n’est jamais contrariée, mais une vie habitée par des avatars quotidiens, tantôt ludiques, tantôt « lyriques ».

Wyjezdzamy 22_Crédit Magda
Wyjezdzamy 22_Crédit Magda

Le spectacle fascine par la diversité des couleurs, des corps, ridiculement allongés ou modestement vieillis, des corps qui reconstituent la variété des êtres au cœur de la communauté qui les réunit. Mais n’est-ce pas la définition même de la choralité dans le sens noble du terme : que l’identité soit préservée au cœur de l’ensemble ! Ici le groupe se forme sans anéantir les présences singulières. Ainsi s’instaure le jeu entre appartenance et divergence.

Nous assistons à un écheveau de liens dynamiques, sans cesse renouvelés, mais toujours sur fond de fidélité au cercle qui réunit ces personnages, seulement en apparence disparates. Ils forment une famille agitée… tantôt chaleureuse, tantôt comique, toujours en mouvement ! Mais le spectacle ne vire jamais au cynisme, il s’en méfie et le refuse. Non, le spectacle se dérobe à tout jugement et n’adopte jamais une posture de supériorité. Il ne traite pas les êtres comme des minables, des moins que rien : ils sont simplement humains ! Et de là provient l’émotion, de ce traitement intransigeant, mais dépourvu de jugement accusateur, d’imprécation adressée sur fond de hauteur adoptée par la mise en scène à l’égard de ces comportements variés, différents, mais jamais minés par… le mal !

Le texte comme le spectacle cultive la répétition du rituel de la mort… il s’inscrit dans la filiation de la mise en scène admirable signée par Krzysztof Warlikowski d’une autre pièce de Levin, Kroum ! Les deux placées sous le signe de la mort… ici, solution scénographique inoubliable de Malgorzata Szczesniak, les personnages apparaissent chaque fois alignés derrière une vitre, de dos, tournés vers le four de crémation. Ils vivent avec les yeux tournés vers la mort qui, à tour de rôle, frappe et raréfie la communauté. Une dernière image choque en montrant l’incinération dans sa réalité physique, dévastatrice ! Sur le plateau, presque rien, que des aires de jeu pour désigner les places des familles, du bordel, de la salle du bridge, mais derrière, présence immobile, le mur où les cercueils s’enfoncent de manière plus ou moins neutre. Car souvent un détail intervient pour marquer la relation personnelle qu’un des personnages a eue avec le disparu !

Les performances des acteurs surprennent par la variété des voix, la diversité des postures, la perspicacité des gestes qui varient de la tendresse discrète à l’érotisme affiché. Un monde qui se constitue et bouge sans retenue ni pudeur, mais un monde jamais dévalorisé. On l’aime justement pour cela ! N’est-ce pas un des plus extraordinaires mérites du spectacle d’assumer le jeu dans sa théâtralité sans pour autant sacrifier l’effet d’empathie avec ces personnages voués, l’un après l’autre, à la mort ? Le théâtre, soumis à cette épreuve, ne fait pas faillite, mais il s’assume en reliant l’authenticité des affects avec l’excès du jeu ! Et cela selon une alternance qui interdit à l’un ou l’autre terme de s’imposer, de l’emporter. Car, seulement chez Fellini, sa Gelsomina parvient à une émotion pareille à la scène finale de la grand-mère qui, parée d’une robe polychrome, boit un dernier verre, fait quelques pas de danse et s’étale en douceur sur le plancher !

Wyjezdzamy 25_Crédit Magda Hueckel
Wyjezdzamy 25_Crédit Magda Hueckel

Comment ne pas évoquer la douleur finale de la touriste américaine qui foule la terre d’Israël pour racheter le refus infligé par sa famille de juifs qui, en plein cœur des Etats-Unis, lui a intimé l’ordre d’oublier ses racines. Et l’ultime image à travers Tel Aviv, son visage grave s’impose comme la preuve la plus dramatique qui soit de l’expérience traversée.

Ce spectacle traite la vie comme vie vers la mort avec vérité et liberté, sans complaisance ni vaine perspective de rachat. Mais au-delà de ce consentement, ce qui le rend unique, c’est qu’il y parvient par le biais d’un théâtre échappant aux griefs qu’on lui fait souvent. Un théâtre du réel qui ne se résume pas à le copier, mais le transfigure sans le défigurer !

Et comment oublier la musique, ce partenaire d’une justesse inouïe qui accompagne, de près ou de loin, ce chemin vers la mort ?

 La puissance de ce spectacle redonne une énergie dont nous sommes nombreux à éprouver le manque par ces temps d’anesthésie généralisée.

DISTRIBUTION

Mise en scène Krzysztof Warlikowski
Adaptation Krzysztof Warlikowski, Piotr Gruszczyński
Scénographie et costumes Małgorzata Szczęśniak
Musique Paweł Mykietyn
Lumières Felice Ross
Mouvement Claude Bardouil
Animations et vidéo Kamil Polak
Dramaturgie Piotr Gruszczyński
Traduction en polonais Jacek Poniedziałek
Traduction en français Margot Carlier
Assistants à la mise en scène Katarzyna Luszczyk, Adam Kasjaniuk

AVEC Agata Buzek, Andrzej Chyra, Magdalena Cielecka, Ewa Dałkowska, Bartosz Gelner, Maciej Gąsiu Gośniowski, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik, Jadwiga Jankowska-Cie slak, Wojciech Kalarus, Marek Kalita, Dorota Kolak, Rafał Maćkowiak / Maciej Stuhr, Zygmunt Malanowicz, Monika Niemczyk, Maja Ostaszewska, Jaśmina Polak, Piotr Polak, Jacek Poniedziałek, Magdalena Popławska

PRODUCTION NOWY TEATR
COPRODUCTION CHAILLOT – THÉÂTRE NATIONAL DE LA DANSE / COMÉDIE DE CLERMONT-FERRAND / THÉÂTRE DE LIÈGE / HELLENIC FESTIVAL / BONLIEU SCÈNE NATIONALE ANNECY / CULTURESCAPES SUISSE

Avec le soutien de PIETER SMIT THEATER ROCK POLSKA

A LIRE DANS ALTERNATIVES THEATRALES

Le Raoul Collectif : une trilogie

            Au moment d’écrire ces lignes, le Covid vient de porter un second coup d’arrêt à la scène belge. Toutefois, Le Raoul Collectif, malgré une annulation complète en avril dernier, puis partielle en octobre, a pu présenter sa troisième création au Théâtre National : Une cérémonie. Un spectacle d’autant plus attendu qu’il portait la promesse d’un partage, de réflexions et de plaisirs.

            Dès les premières minutes, on retrouve la marque de fabrique du collectif. Une bande de potes – qui comprend cette fois une femme, Anne-Marie Loop – déboule sur la scène comme sur leur terrain de jeu, se rassemble, chante, frappe sur un piano, explore l’espace, se cherche, gueule, erre, s’assied, se tait puis… ne sait plus trop quoi dire. Alors ces garçons endimanchés cherchent l’inspiration dans l’alcool, portent des toasts à leurs idéaux, prononcent des aphorismes énigmatiques, espérant provoquer parmi nous, parmi eux, une réflexion qui serait le début d’une mise en mouvement.

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Exils intérieurs, un oratorio profane

Spectacle d’Amos Gitaï

Théâtre de la Ville – Les Abbesses

J’avais rencontré Amos Gitai sur un plateau de télévision et sa pensée aussi concrète que théorique m’avait conquis, voire même marqué ! Au nom de ce souvenir lointain je décidais d’aller voir son spectacle prévu en juin, déplacé et, finalement, programmé en ouverture de saison au Théâtre de la Ville.

Exils intérieurs… Moi-même exilé, ce questionnement me motive et me taraude ! Dans la salle des Abbesses où l’assistance formait une assemblée n’ayant comme signe distinctif que les masques Emmanuel Demarcy-Mota a ouvert la soirée et les mots prononcés sur un fond de fatigue évident ont résonné plus particulièrement dans le spectateur que j’étais. Grâce à ses mots, le sens de ma présence m’est apparu avec une gravité inhabituel.  Elle se constituait en acte responsable, acte de résistance qui répondait à la responsabilité du fait de jouer. Entre la salle et la scène s’installait alors un effet de miroir. Cette réciprocité des images fondait notre « être ensemble » et une même gravité nous réunissait. Nous étions nécessaires les uns aux autres plus qu’à l’accoutumée !

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Diane Arbus s’empare des Plateaux Sauvages

Avec Diane Self Portrait, Paul Desveaux signe le troisième volet de son triptyque américain. Une création sur la photographe new-yorkaise Diane Arbus, écrite par Fabrice Melquiot.

Diane Self Portrait[1]est une histoire qui commence par la fin. Sur le plateau, dans sa baignoire, Diane Arbus (formidable Anne Azoulay) qui vient de se suicider, s’apprête à nous raconter sa vie, en compagnie de son mari (Paul Jeanson), de sa mère (impeccable Catherine Ferran) et de quelques modèles devenus des amis intimes de la photographe. Nous sommes à New-York  en 1971 et la vie de Diane Arbus va se reconstituer sous nos yeux. Pourtant, la pièce n’a rien d’un biopic, ni d’un hommage. Comme pour ses mises en scène sur Jackson Pollock et Janis Joplin, Paul Desvaux s’empare surtout de l’histoire de son personnage principal par les autres pour attraper des fragments impressionnistes de la vie de la photographe de rue new-yorkaise et faire pénétrer le spectateur dans sa chambre noire. En cela le texte dont il a passé commande à Fabrice Melquiot le sert magnifiquement : dialogues familiaux, narration extérieure, énumérations de dates importantes, tant dans la vie de Diane que dans l’Histoire, Des énumérations utiles, mais parfois un peu longues, heureusement soutenues par la guitare de Michaël Felberbaum, qui improvise avec nervosité sur le plateau. L’écriture de Fabrice Melquiot n’est pas seulement réaliste. Elle s’inscrit dans différents genres, évoquant, parfois par exemple, bien sûr le conte dont Fabrice Melquiot affectionne tant les réécritures contemporaines[2]. Ainsi sa Diane Arbus évoque-t-elle une sorte de Belle au Bois Dormant qui, jeune-fille, s’éveille oisive d’une vie totalement aseptisée. Quant à Gertrude, la mère de Diane, inquiétante malgré elle, c’est une évocation de la marâtre de Blanche-Neige ou de la Cruella d’Enfer des 101 Dalmatiens, lorsque la photographe imagine sa mère appuyant sur le couteau d’un chasseur pour l’aider à la dépecer afin d’en faire un manteau de fourrure…

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Extrait de Danse en Iran : une position doublement critique par Alix de Morant

Vous pouvez voir actuellement dans le cadre du Festival d’Automne 2020 à Paris des performers des quatre coins globes, Édition ECHELLE HUMAINE : Simon Senn, Mette Ingvartsen, Balkis Moutashar, Benjamin Kahn et Sorour Dârâbi avec Farci.e.s. On vous invite à lire ou relire l’article d’Alix de Morant sur les danses en Iran, dans le N° 132, Lettres persanes et scènes d’Iran, 2017.

À propos de :  Sétâreh Fatéhi  Dâvoud Zâré  Mohammad Abbâsi  Ali Moini  Ehsan Hemmat  Hooman Sharifi  Sorour Dârâbi  Hivâ Sédâghat

(…)

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GÉRALD KURDIAN ** HOT BODIES – STAND UP

Gérald Kurdian apparaît sur scène au début du spectacle. C’est un homme grand au corps viril et à la voix grave, mais il est aussi vulnérable, sexy et féminin. Il porte un mini short en cuir noir et nous montre, sur un grand écran en fond de scène, une photo prise au hasard de déambulations. Il s’agit d’un tag représentant à peu près ceci :

# Male

# Female

## Fucko

Il s’interroge : s’il sait ce que signifient « Male » et « Female », « Fucko » lui est inconnu. Il décide d’aller en chercher la définition dans la « Maison des enfants queer », un lieu mystérieux où règnent le désir, la beauté inconditionnelle de tous les corps et une certaine mélancolie. Kurdian, qui est également musicien et chanteur, entonne Lithium de Nirvana, et le ton naïf et drôle qu’il avait employé jusque-là fait place à une profondeur surprenante, empreinte de duende, qui annonce que le périple dans lequel nous nous engageons ne sera ni voyeur ni amusé. Ce dont il est question ici, c’est du plaisir, mais aussi de la violence incompréhensible de l’injonction à être autre que soi et de la noblesse d’y avoir survécu.

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« Notre Besoin de consolation est impossible à rassasier »

Théâtre du Peuple, Bussang, du 29 août au 6 septembre 2020

Fin août à Bussang, virage vers l’automne. Le mythique Théâtre du Peuple ouvre ses portes – littéralement, comme souvent dans ce lieu-cabane à la Thoreau – pour une représentation du texte de Stig Dagerman.

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.

Le poème est à l’aune de ce titre-manifeste. Mélancolique, profond, sombre et lumineux, d’une densité vertigineuse… Nous sommes sur le plateau à proximité des interprètes :  Simon Delétang, maître des lieux, acteur et metteur en scène, avec Michaëla Chariau et David Mignonneau (groupe Fergessen), compositeurs et interprètes en direct de leur musique. Devant nous, la salle vide et l’édifice en forme de navire renversé. Derrière nous, la célèbre ouverture waldienne avec son « hêtre remarquable », c’est-à-dire classé comme un Monument Historique naturel.

Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 1955 pour le texte original, 1981 pour la traduction française.
©JeanLouisFernandez0.
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Un théâtre de rue et d’ailleurs : Patua Nou

– Tu as vu ? Le grand-père de la comédienne a pu avoir une chaise pour s’asseoir devant.

– Comment sais-tu que c’est son grand-père ?

– Je le sais.

A vrai dire, il ne fallait pas de grands pouvoirs de divination au Sicilien que je suis pour reconnaître l’un des siens dans l’homme qui se tenait assis droit sur sa chaise, raide comme pour une cérémonie : cette stature, ce visage un peu austère, ce souci d’être habillé comme il faut, avec un costume gris et une cravate foncée, cet air digne qu’ont les vieux de là-bas…

Je disposais d’un autre indice de taille, avec l’un des papiers pliés en deux que notre guide nous avait distribués à l’entame de notre parcours, en guise de programme. Un papier porteur d’un point rose, comme le ballon qui signalait la présence – à un bout de la place Saint-Paul à Liège – de la comédienne Emilie Franco autour de laquelle nous faisions cercle. « Le grand-père d’Emilie a fui la misère pour trouver un emploi ailleurs », lit-on sur ce feuillet. Ce nonno était cordonnier en Sicile; il est devenu mineur dans un charbonnage liégeois. C’est son histoire que nous allions découvrir.

Une jeune femme seule, sur un bout de place. Pour tout équipement, la comédienne dispose d’un micro relié à un ampli portable et un présentoir à images, en l’occurrence un fil tendu. Magie du théâtre, grâce à laquelle un espace quelconque peut se transformer pour un temps en plateau, en chambre d’imaginaire, en cercle intime capable d’exclure de son enceinte tout l’environnement extérieur : passants pressés, voitures, agitation urbaine.

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Un héritage sans testament, « Maitres anciens » au Théâtre de la Bastille.

Jean-Marie Hordé, l’inlassable éclaireur du théâtre en France a eu la très bonne idée de reprendre le spectacle Maîtres anciens dans son Théâtre de la Bastille.

Thomas Bernhard n’a eu de cesse dans ses romans et son théâtre de régler ses comptes avec la société autrichienne, son passé nazi, l’empreinte du catholicisme, sa culture petite bourgeoise.

Curieusement, ce sont souvent ses textes non dramatiques portés à la scène qui permettent d’aborder l’univers de l’auteur dans toute sa complexité. Ce fut le cas il y a trente ans déjà dans l’adaptation que Michèle Fabien avait réalisée de Oui dont la mise en scène de Marc Liebens et l’interprétation de Patrick Descamps avaient connus une carrière mémorable.

Aujourd’hui ce sont Nicolas Bouchaud et Eric Didry qui se sont attaqués au roman  Les maîtres anciens  pour en donner une représentation remarquable à tout point de vue…

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Peter Brook – Shakespeare résonance par George Banu

A propos de Shakespeare résonance – Recherche autour de « La Tempête », du 19 au 21 février 2020 au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris.

Shakespeare résonance, c’est ce par quoi l’inattendu est arrivé ! Le dispositif est unique, mais également dangereux ! Un grand homme de théâtre, Peter Brook, proche de son 95ème anniversaire, fait retour dans son lieu, le théâtre des Bouffes du Nord dont, dit –il, « les murs en ruine, en silence, ont résonné en lui dès sa première entrée »! Il nous convie non pas à un dernier spectacle, selon la coutume, non, il l’accompagne et témoigne à la première personne : en ce sens les trois soirées furent pour nous tous comme des rencontres où l’humain le disputait à l’art, ou, plus exactement, ils faisaient corps commun au nom d’une affection jamais contrariée pour Shakespeare, dieu anonyme du théâtre. L’inédit de la proposition surprend, mais bien davantage elle émeut.

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