Ça ira (1) Fin de Louis, un tournant dans l’œuvre de Joël Pommerat ? Marion BOUDIER

A l’occasion de la reprise de Ça ira (1) Fin de Louis, au Théâtre de la Porte Saint-Martin, à Paris, jusqu’au 28 juillet 2019, nous publions cet extrait d’un texte de Marion Boudier paru dans le numéro 130 d’Alternatives théâtrales : Ancrage dans le réel / Théâtre National (Bruxelles) 2004-2017, suivi d’un dossier consacré à Joël Pommerat, oct. 2016.

Fiction politique inspirée d’une matière historique apparemment dénuée de l’inquiétante étrangeté qui caractérisait jusqu’ici les spectacles de la Compagnie Louis Brouillard, Ça ira (1) Fin de Louis pourrait laisser penser à une rupture dans le parcours de Joël Pommerat. Sans entrer ici dans les débats interprétatifs qu’elle suscite, j’aimerais souligner la singularité de certains choix dramaturgiques tout en montrant comment cette nouvelle création s’inscrit dans une continuité de questionnements esthétiques et thématiques. Par rapport aux grands cycles de l’œuvre (les premières pièces énigmatiques, riches en expérimentations spatio-temporelles, le tournant de la trilogie Au monde, D’une seule main, Les Marchands (2004-2006) plus engagée dans la réalité sociale, et la « bascule » de Cercles/Fictions (2010) qui accentue une veine d’écriture réaliste et humoristique débutée en 2008 avec Je tremble (1 et 2) et Pinocchio), Ça ira (1) Fin de Louis continue en effet de donner forme aux préoccupations qui sont à l’origine même du geste théâtral de Pommerat pour qui « le théâtre est un lieu possible d’interrogation et d’expérience de l’humain […] un lieu de possibles, et de remises en question de ce qui nous semble acquis[1] ». Ce spectacle approfondit sa réflexion sur les individus et leurs représentations (individuelles et collectives) et prolonge la recherche d’un théâtre à la fois spectaculaire et concret, proche du public dont il doit « rouvrir la perception[2] ». Continuer la lecture « Ça ira (1) Fin de Louis, un tournant dans l’œuvre de Joël Pommerat ? Marion BOUDIER »

Peau et incarnation, des impensés politiques de la scène contemporaine

A l’occasion de la table ronde sur le thème de la diversité dans le spectacle, organisée par « Pôle Emploi audiovisuel spectacle artistes » le 6 juin 2019 au Théâtre des Champs-Elyzées à Paris, nous publions un extrait du texte de Sylvie Chalaye, paru dans le numéro 133 d’Alternatives théâtrales en novembre 2017 : Quelle diversité culturelle sur les scènes européennes ?

La circulation de la phrase dans les nerfs

Le Kung-fu[1], un spectacle écrit et joué par Dieudonné Niangouna nous amène à réfléchir avec humour au phénomène d’identification qui dépasse toutes les frontières physiques et qui participe du plaisir à se raconter des histoires. Niangouna se projette dans Bruce Lee ou Jackie Chan, mais énumère aussi des dizaines de ses héros sans jamais faire référence à la couleur de peau : Continuer la lecture « Peau et incarnation, des impensés politiques de la scène contemporaine »

Sur la ligne rouge

Notes sur « Des Arbres à abattre », mise en scène de Krystian Lupa (texte publié dans le #128 d’Alternatives théâtrales).

Avec Wyncinka / Des Arbres à abattre, créé en 2014 à Wroclaw et qui a marqué le Festival d’Avignon 2015, Krystian Lupa retrouve l’écriture de Thomas Bernhard : auteur fétiche avec lequel il dialogue régulièrement depuis main- tenant un quart de siècle¹, par la mise en scène de ses pièces de théâtre mais aussi, et peut-être plus encore, par l’adaptation de ses textes romanesques. Continuer la lecture « Sur la ligne rouge »

Instantanés de l’intérieur

À propos de « Joël Pommerat – Le théâtre comme absolu » film documentaire de Blandine Armand

À l’occasion de la reprise de « Ça ira (1) Fin de Louis », au Centquatre-Paris du 16 au 20/07/18 (Festival Paris l’été) et de la sortie du film documentaire de Blandine Armand, « Joël Pommerat – Le théâtre comme absolu » (diffusion sur ARTE le 15 juillet 2018 à 23h50), nous vous proposons de lire ou relire cet extrait d’un Verbatim de répétitions publié dans le # 130 d’Alternatives théâtrales, « Ancrage dans le réel / Théâtre National (2004-2017)».

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Entretien avec Myriam Saduis

À l’occasion de la reprise d’« Amor Mundi » au Théâtre des Martyrs (Bruxelles) jusqu’au 26 mai, nous publions un extrait d’un entretien de Sabine Dacalor avec Myriam Saduis paru dans le #129 (2016).

La metteuse en scène et auteure Myriam Saduis adapte, en 2012, La Mouette de Tchekhov et signe La Nostalgie de l’avenir qui lui vaut le prix de la mise en scène aux Prix de la Critique en Belgique. Dans cette adaptation où s’entrecroisent Meyerhold, Fernando Pessoa, Philip Roth, Shakespeare, six comédiens engagent sur le plateau une énergie éclatante et une sensibilité aiguës pour le récit tragique d’une impossibilité d’aimer. En 2015, avec sa compagnie Défilé, Myriam Saduis crée, en coproduction avec le Théâtre 95 à Cergy-Pontoise (Scène conventionnée aux écritures contemporaines) et le Théâtre Océan Nord à Bruxelles, Amor Mundi. Sur le plateau s’écrit l’histoire d’une nuit new-yorkaise durant laquelle Hannah Arendt fête avec ses proches la publication de son livre Les Origines du totalitarisme, l’histoire d’une pensée en devenir, en action, en partage. Continuer la lecture « Entretien avec Myriam Saduis »

Frustrations et claustrations : l’enfermement comme sillon. À propos du théâtre d’Anne-Cécile Vandalem.

«Tristesses» est à l’affiche à l’Odéon, Théâtre de l’Europe (Paris). Extrait du dossier paru dans le #129 «Scènes de femmes, Écrire et créer au féminin», juillet 2016.

Tout a commencé par un confinement. L’intérieur domestique se faisait le réceptacle des échappatoires qu’un couple à bout de ressources pouvait chercher au huis clos de ses angoisses et de ses dissimulations : les projections factices d’un écran télévisé et de ses émissions de télé-réalité. Continuer la lecture « Frustrations et claustrations : l’enfermement comme sillon. À propos du théâtre d’Anne-Cécile Vandalem. »

La mort comme question

La Cie 14:20 reprend «Wade In The Water» du 3 au 13 mai 2018 au Théâtre du Rond-Point.

Voyage énigmatique vers la fin, traversée du désespoir jusqu’à l’acceptation ? Arrachement par une force invisible à l’existence humaine, « lévitation lunaire » ? – comme le suggérait un article du Monde paru en décembre 2016… Wade in the water, dernière création de la compagnie 14:20, mêle comme à l’accoutumée de nombreux langages visuels pour étayer ses propos sur scène. Continuer la lecture « La mort comme question »

De «La Démangeaison» à «La Mélancolie», l’expérience du Vivarium Théâtre

Reprise de « la Mélancolie des Dragons » et de « l’Effet de Serge », de Philippe Quesne, à Nanterre-Amandiers, en janvier dernier.

En 2018, Nanterre-Amandiers célèbre l’anniversaire des dix ans de L’Effet de Serge (2007) et de La Mélancolie des Dragons (2008), deux spectacles pensés en diptyque, qui ont tracé les lignes de force du Vivarium Studio. L’occasion de republier cet article paru initialement dans le #98 Créer et transmettre.
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Un cirque qui parle de soi

À propos de « Grande » de Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel, bientôt aux Halles de Schaerbeek.

Révélés en 2012 avec De nos jours au sein du collectif Ivan Mosjoukine, Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel poursuivent leurs explorations avec GRANDE- : un condensé haletant de dix ans de recherche autour du cirque et de la parole, assaisonné d’un goût pour le spectacle à compléter. Continuer la lecture « Un cirque qui parle de soi »