Hommage à Michel Piccoli.

Le 12 mai 2020, Michel Piccoli nous quitte à l’âge de 94 ans, Alternatives Théâtrales lui rend hommage en publiant un entretien qui lui a été consacré en 1991.

Fièvre et légèreté – Entretien avec Michel Piccoli – mené par Georges Banu en 1991 et publié dans la revue #44 d’Alternatives Théâtrales – Théâtre et vérité.

Peter Brook – Shakespeare résonance par George Banu

A propos de Shakespeare résonance – Recherche autour de « La Tempête », du 19 au 21 février 2020 au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris.

Shakespeare résonance, c’est ce par quoi l’inattendu est arrivé ! Le dispositif est unique, mais également dangereux ! Un grand homme de théâtre, Peter Brook, proche de son 95ème anniversaire, fait retour dans son lieu, le théâtre des Bouffes du Nord dont, dit –il, « les murs en ruine, en silence, ont résonné en lui dès sa première entrée »! Il nous convie non pas à un dernier spectacle, selon la coutume, non, il l’accompagne et témoigne à la première personne : en ce sens les trois soirées furent pour nous tous comme des rencontres où l’humain le disputait à l’art, ou, plus exactement, ils faisaient corps commun au nom d’une affection jamais contrariée pour Shakespeare, dieu anonyme du théâtre. L’inédit de la proposition surprend, mais bien davantage elle émeut.

Continuer la lecture « Peter Brook – Shakespeare résonance par George Banu »

La Quadriennale de Prague : Empreintes.

Printemps 2019

Le souvenir dispose d’une résistance moindre à l’oubli que l’empreinte qui, elle, finit par se constituer en monade de la mémoire, en trace ancrée en soi avec une consistance supérieure. L’empreinte fixe plutôt un événement fort, trié et isolé, tandis que les souvenirs s’inscrivent plus ou moins dans un flot qui les emporte et entraîne, ensuite, vers un effacement accéléré. A propos de la Quadriennale de Prague, panorama planétaire de la scénographie actuelle, je préfère cette fois –ci évoquer les empreintes plutôt que les souvenirs…en essayant de restituer l’expérience vécue et conserver son impact.

Continuer la lecture « La Quadriennale de Prague : Empreintes. »

Récits de mort annoncée

« Nachlass » de Rimini Protokoll et « La Voix humaine » de Jean Cocteau/Ivo van Hove

Le théâtre se dérobe au récit des témoins confrontés avec son insaisissable souffle et son irrémédiable disparition. Il ne leur reste que des pincées et des bribes dont ils conservent le souvenir, le transmettent même, sans pouvoir le restituer. Défi de spectateur déchiré entre l’expérience et l’extinction qui suit, enjeu de mémoire et défaite programmée. Continuer la lecture « Récits de mort annoncée »

Tendresse

du Festival National de Bucarest au Festival d’Automne à Paris

Marina Constantinescu, critique réputée, assure la direction du Festival National de Théâtre de Roumanie dont le programme, cette année, a conjugué avec un rare succès des spectacles du pays retenus au terme d’une sélection personnelle et des représentations invitées qui ont ébloui public et créateurs réunis. Continuer la lecture « Tendresse »

Le legs de l’écrit

À l’occasion de la parution du #135 « Philoscène, La philosophie à l’épreuve du plateau », nous publions un extrait de la préface de Georges Banu, « Le legs de l’écrit », in « Antoine Vitez, Le théâtre des idées », Éditions Gallimard.

Le théâtre des idées – geste éditorial accompli, il y a vingt-quatre ans, dans l’urgence de la disparition brutale d’Antoine Vitez. Continuer la lecture « Le legs de l’écrit »

Une Chambre en Inde ou l’«autofiction de Mnouchkine»

« L’autofiction » fait fortune en France et, depuis vingt ans, cela remonte à Serge Doubrovsky et son roman le Fils. Des écrivaines surtout s’adonnent avec délice à cet exercice qui convoque des traces mémorielles personnelles pour les inscrire dans un cadre romanesque, et échapper ainsi à l’écueil des mémoires, du journal, de la biographie revisitée. Genre hybride « l’autofiction » séduit par la mixité du vécu assumé et du fictif ajouté ! Continuer la lecture « Une Chambre en Inde ou l’«autofiction de Mnouchkine» »

Le patrimoine génétique communiste

Une contribution au #134 « institutions / insurrections » qui vient de paraitre.

On le sait, chacun possède un patrimoine génétique dont il est indissociable et qui capitalise les données d’un passé familial et permet de déceler les données d’une identité. Mais ce qui concerne une personne seule semble pouvoir s’élargir à une société et à ses empreintes historiques. Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après la chute du communisme, les manifestations récentes de certains dirigeants des anciens pays de l’Est semblent révéler la constitution d’un patrimoine génétique « politique » au nom duquel ils agissent et, bizarrement, trouvent un consentement général. Continuer la lecture « Le patrimoine génétique communiste »

La musique et l’espace

Le fantasme des origines
– la Trilogie des éléments d’Enrico Bagnoli et Marianne Pousseur et le théâtre Olimpico –

La vie produit parfois du sens, un sens imprévu, étonnant parce que non programmé, conséquence du hasard heureux qui vient exalter une pensée, un acte, un spectacle. Cette conviction ancienne s’est imposée de nouveau à moi dans toute sa pertinence grâce à la rencontre inattendue, d’une justesse poétique absolue, entre le Teatro Olimpico de Vicenza et la Trilogie des éléments signée par Enrico Bagnoli – Phèdre, Ismène, Agamemnon – et en ayant Marianne Pousseur comme inouïe protagoniste. Continuer la lecture « La musique et l’espace »

Un Cosi… inouï ! 

À propos de la création de « COSÌ FAN TUTTE » par Anne Teresa De Keersmaeker à l’Opéra National de Paris

Par la force de l’opinion publique et sous la pression de l’engouement médiatique je regarde des opéras dans des représentations récentes, le plus souvent signées par des metteurs en scène convertis aux représentations lyriques par le chant des sirènes financières que les directeurs d’institutions toujours friands de « chaire fraîche » entonnent avec constance. Il suffit qu’un nom paraisse sur la scène théâtrale pour qu’à leur tour, ils paraissent : d’ailleurs leur présence dans la salle atteste la reconnaissance du succès. Ce fut récemment le cas pour Thomas Jolly en France… et tant d’autres. Et la mission impartie à ces nouveaux venus renvoie toujours au même voeu : « rafraîchir » l’opéra dont on souhaite la mise à jour, le camouflage des rides et l’affiliation agressive au quotidien… comme si, en craignant sa vétusté, on s’employait obstinément à camoufler  son âge, son passé. Chirurgie esthétique flagrante ! Opération fréquente chez ces « vieilles belles » qui se pavanent convaincues de la pérennité de leurs  charmes… restaurés ! Cela explique pourquoi ici les princes deviennent des prolétaires et les ouvriers des… princes. Personne n’est plus à sa place !  Continuer la lecture « Un Cosi… inouï ! «