Captation et spectacle vivant : le regard de Clément Cogitore

Si vous aimez Les Indes Galantes de Rameau, mais aussi les danses urbaines et plus précisément le Krump, on vous invite à découvrir un magnifique film de Clément Cogitore, nommé aux César 2019 dans la catégorie meilleur court-métrage, et à lire ou relire cet entretien avec le réalisateur paru dans le N° 141, Images en scène, Cinéma, art vidéo, numérique/danse, théâtre, opéra, marionnette, juillet 2020.

Sylvie Martin-Lahmani

Entretien avec Clément Cogitore par Marjorie Bertin

En 2017, le cinéaste Clément Cogitore réalisait un court-métrage pour 3e Scène, la plate-forme numérique de l’Opéra de Paris. Des danseurs de krump s’y livraient à une joute sur l’exaltante Danse du grand calumet de la paix des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau. Un court-métrage (projeté au CENTQUATRE-PARIS en 2019) qui a permis à Clément Cogitore d’être invité à créer l’intégralité des Indes galantes dans sa propre mise en scène à l’Opéra Bastille en 2019.

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Extrait de Danse en Iran : une position doublement critique par Alix de Morant

Vous pouvez voir actuellement dans le cadre du Festival d’Automne 2020 à Paris des performers des quatre coins globes, Édition ECHELLE HUMAINE : Simon Senn, Mette Ingvartsen, Balkis Moutashar, Benjamin Kahn et Sorour Dârâbi avec Farci.e.s. On vous invite à lire ou relire l’article d’Alix de Morant sur les danses en Iran, dans le N° 132, Lettres persanes et scènes d’Iran, 2017.

À propos de :  Sétâreh Fatéhi  Dâvoud Zâré  Mohammad Abbâsi  Ali Moini  Ehsan Hemmat  Hooman Sharifi  Sorour Dârâbi  Hivâ Sédâghat

(…)

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GÉRALD KURDIAN ** HOT BODIES – STAND UP

Gérald Kurdian apparaît sur scène au début du spectacle. C’est un homme grand au corps viril et à la voix grave, mais il est aussi vulnérable, sexy et féminin. Il porte un mini short en cuir noir et nous montre, sur un grand écran en fond de scène, une photo prise au hasard de déambulations. Il s’agit d’un tag représentant à peu près ceci :

# Male

# Female

## Fucko

Il s’interroge : s’il sait ce que signifient « Male » et « Female », « Fucko » lui est inconnu. Il décide d’aller en chercher la définition dans la « Maison des enfants queer », un lieu mystérieux où règnent le désir, la beauté inconditionnelle de tous les corps et une certaine mélancolie. Kurdian, qui est également musicien et chanteur, entonne Lithium de Nirvana, et le ton naïf et drôle qu’il avait employé jusque-là fait place à une profondeur surprenante, empreinte de duende, qui annonce que le périple dans lequel nous nous engageons ne sera ni voyeur ni amusé. Ce dont il est question ici, c’est du plaisir, mais aussi de la violence incompréhensible de l’injonction à être autre que soi et de la noblesse d’y avoir survécu.

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Entretien avec Mohammad Yaghubi, un écrivain devant l’État iranien

Mohammad Yaghubi, c.f. note en bas de l’article (1)

Alternatives théâtrales a publié un numéro spécial consacré à la riche scène iranienne : Lettres persanes et scènes d’Iran, N° 132, 2017, avec un focus sur 5 auteurs importants de  la littérature dramatique contemporaine dont Mohammad Yaghubi fait partie.

François Chabanais : Le théâtre, la politique et la religion, pourquoi ces trois éléments sont-ils inséparables en Iran ?

Mohammad Yaghubi : Parce que la fonction du théâtre consiste à éclairer et à dire la vérité. Le théâtre se fonde sur la rhétorique et la philosophie et il a pour tâche d’analyser la situation et de jeter la lumière sur l’obscurité. Mais la politique et la religion veulent que les gens soient ignorants et soumis. Le théâtre invite les gens au doute et à l’interrogation alors que la politique et la religion les invitent au consentement, à la soumission et l’imitation. Pour cette raison ils ne sont pas séparables.

F.CH : On dirait que les artistes iraniens doivent aborder prudemment les questions religieuses et politiques dans leurs pièces de théâtre, alors que dans certains pays on critique dans les pièces de théâtre les différentes religions et même les hommes d’État, leurs actions et les effets qu’ils produisent sur la société.

M. Y : Les artistes iraniens n’ont pas d’autre solution. Les extrémistes religieux et politiques s’opposent avec violence à tout théâtre qui veut porter un regard critique sur les questions religieuses et politiques. Il est aujourd’hui prouvé et admis que la violence résulte de la peur. Celui qui se comporte avec violence craint quelque chose. Et pour cacher sa peur, il commence à agir avec violence. Il craint que la vérité ne soit divulguée et que les gens en soient informés. Beaucoup de gens souffrent toujours d’une ignorance historique.

Une Minute de Silence. 2016_Canada, metteur en scene Mohamad Yaghubi_Source des photos_Archive personnelle de Mohamad Yaghubi
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Discours des matières et des éléments dans l’œuvre de Phia Ménard

À l’occasion de la présence de Phia Ménard dans le cadre du Kunstenfestivaldesarts de Bruxelles, à la Maison des Arts de Schaerbeek / Huis der Kunsten van Schaarbeek, Bruxelles, les 7 et 8 septembre 2020, avec Contes Immoraux – Partie 1 : Maison Mère, nous publions en ligne un article du N° 138 d’Alternatives théâtrales : Arts de la scène et arts plastiques, oct. 2019.

Eau, vent, terre et ciel. Phia Ménard fait feu de tout bois. Dans des créations inclassables qui organisent la présence du corps dans un espace semé d’embûches, la jongleuse et metteuse en scène dompte les matières et joue avec les éléments. Depuis 2008, elle crée des pièces transdisciplinaires avec la farouche intention de repousser les limites habituelles de la scène. Sans doute guidée par l’adage «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme», elle a baptisé sa compagnie Non nova : Non nova, sed nove. (Nous n’inventons rien, nous le voyons différemment).

À la manière de Bachelard1, Phia Ménard se joue des Éléments.

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« Un masque ou une marionnette, c’est comme un kayak », seconde conversation entre Michel Laubu et Brigitte Prost.

La semaine dernière nous avons publié un premier entretien suivi d’un Apologue du Maître de la Turaquie. Voici une seconde conversation entre Michel Laubu et Brigitte Prost.

On vous propose de continuer à avancer masqués avec trois textes qui font écho aux Enjeux du masque sur la scène contemporaine.

Michel Laubu : Les objets étaient là. Moi, au départ, je suis plutôt bricoleur. Je m’ennuyais au lycée. Je bricolais des choses et j’ai monté un premier spectacle que j’ai joué en jeune public, dans les écoles. J’avais dix-sept ans. Et en fin de compte, je n’ai jamais fait du théâtre autrement, qu’avec de vieux bouts de trucs et cette poésie de bricoler. Tout part de là.

Brigitte Prost : Comment le masque est-il apparu dans vos créations ?

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Entretien avec Michel Laubu mené par Brigitte Prost dans le cadre de la revue #140 sur les enjeux du masque sur la scène contemporaine.

Cette semaine, on vous propose d’avancer masqués avec trois textes qui font écho aux Enjeux du masque sur la scène contemporaine, numéro d’Alternatives théâtrales paru en mars 2020, par un étrange hasard…

Découvrez aujourd’hui un premier entretien, suivi d’un Apologue du Maître de la Turaquie.

On fait ce qui se passe.

Souvent cela arrive à point nommé.

Michel Laubu

Brigitte Prost : « Michel Laubu », est-ce vraiment votre nom… ? C’est un nom bien explosif…

Michel Laubu : « Laubu » est bien mon nom, ce n’est pas un pseudonyme… Il m’est arrivé d’aller sur des sites de généalogie et ce que j’ai alors rentré comme nom pour moteur de recherche, spontanément, ce n’était pas « Laubu », mais « Turak ». C’est étrange… Comme si « Turak », c’était plus mon nom que « Laubu » aujourd’hui…

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Collectif Clinic Orgasm Society – Entretien complet

Ils étaient en Belgique, au Théâtre Varia puis au Théâtre de Namur en janvier et février 2020, avec Ton joli rouge-gorge.

Ton joli rouge-gorge est une création de la COS ; ce groupe réunissant des personnes de toutes allégeances scéniques et artistiques interroge à travers des œuvres, spectacles et autres « trucs », l’être humain, cherchant à faire jaillir comme un orgasme commun des soubresauts de réflexions. Cette entité libre se cristallise autour de Mathylde Demarez et Ludovic Barth.

Le fonctionnement en collectif a plutôt l’air de se généraliser. C’est une très bonne chose, à l’heure où les réseaux sociaux encouragent le narcissisme. C’est une aventure risquée mais qui vaut la peine.

Cie Clinic Orgasm Society

Voici la version complète de leur entretien conduit dans le cadre de notre dossier sur les collectifs – à lire dans le numéro 139.

QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ENSEMBLE ?

Nous essayons d’inventer des formes scéniques qui puissent nous surprendre et nous ravir. Nous partageons un certain goût pour le décalage, l’iconoclaste, l’expérimentation bricolée et ludique. Un esprit de contradiction peut-être aussi. Nous sommes extrêmement différents, mais nous avons réussi à découvrir un territoire artistique où nous pouvions fonctionner de façon complémentaire. Depuis des années nous essayons d’étendre ce territoire, de l’explorer, d’en sonder les limites. Mais comme la vie nous fait évoluer, et l’expérience aussi, ces limites sont mouvantes.

COMMENT VOUS ÊTES-VOUS TROUVÉS ?

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COLLECTIF LES LUCIOLES

Nous vous proposons de lire ici la version intégrale de leur entretien, et de découvrir un extrait dans un dossier complet consacré aux collectifs du N° #139 : Nos Alternatives

« La vie organique du groupe c’est le souffle, l’air… ça entre et ça sort tout le temps, et ça ramène de l’oxygène et des vents nouveaux. »

Réponse d’un membre des Lucioles, lorsqu’en fin d’année 2019, on leur a demandé de parler de la vie organique du groupe.

Prochain spectacle prévu en mai (espérons-le !) : HARLEM QUARTET et LE BONHEUR (n’est pas toujours drôle)

(par ordre chronologique de réponses)

Que faites-vous ensemble ?

Philippe Marteau

Le collectif permet avant tout de se lancer. Comme un défi irrépressible, d’abord à soi-même et ensuite à l’ensemble : « j’ai envie d’essayer quelque chose avec ce texte, cet auteur. »

Et dans un premier temps, à la marge des institutions, sans disposer toujours de beaucoup de moyens, il est possible de faire exister un nouvel objet. Cela donne de l’encouragement et de la confiance. Et souvent ça marche!  Au-delà de nos espérances. Et c’est ça qui est beau.

Nous nous connaissons depuis 1991 et le regard que nous portons les uns sur les autres est nécessairement profond et complexe.

Il nous arrive parfois de ne pas être d’accord avec ce que fait l’autre. Nous agissons comme une démocratie, rarement avec des votes, mais le plus souvent empiriquement, toujours favorables au développement des projets.

La politique n’est pas au cœur de nos discussions, c’est ce qui se raconte, ce qui se fabrique dans les spectacles qui peut être politique, sociétal. Mais il s’agit principalement de trouver une réponse poétique.

Nous avons été influencés, en plus de nos expériences personnelles, par des maîtres qui la plupart du temps venaient enseigner à l’école du TNB (Matthias Langhoff, Claude Régy, le Théâtre du Radeau, des gens moins reconnus et des acteurs- actrices bien sûr aussi…) et avec le temps le cercle s’est élargi, allant du cinéma au champ littéraire, et plus particulièrement contemporain.

Le collectif permet surtout de prendre son temps, le développement personnel de chacun est primordial. C’est un accompagnement dans la durée, comme une épaule solide.

L’énergie circule. De nouvelles personnes entrent dans le groupe. Des amitiés fidèles se nouent. Des passions se font et se défont. Comme une famille.

C’est toujours aujourd’hui une forme de résistance.

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L’entretien du Collectif F71 – Version intégrale

La comédienne Sara Louis joue dans Lettres jamais écrites du 9 au 11 mars 2020 aux Gémeaux. Elle est par ailleurs membre du collectif F71, qui réunit depuis 2004, cinq comédiennes, metteures en scène, auteures : Stéphanie Farison, Emmanuelle Lafon, Sara Louis, Lucie Nicolas, Sabrina Baldassarra un temps puis Lucie Valon, accompagnées par Gwendoline Langlois, administratrice de production.

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