Myriam Tanant, l’art flamboyant

Hommage à une grande dame du théâtre

Myriam Tanant s’est éteinte le 12 février 2018. Universitaire, traductrice, peintre, un temps actrice, metteure en scène d’opéras et de théâtre, auteure de théâtre elle-même et parfois librettiste d’opéras, cette femme talentueuse était dotée d’une humanité profonde qui faisait d’elle une collègue et un maître merveilleux. Continuer la lecture « Myriam Tanant, l’art flamboyant »

Ce fluide impondérable : l’humain

Entretien avec Asmaa Houri par Marjorie Bertin

Avec le spectacle Kharif («Automne», en arabe) présenté au Festival des arts de la scène de Tanger, la metteuse en scène marocaine Asmaa Houri signe une création intime et pudique sur le cancer du sein, où se mêlent théâtre, danse et musique.  

Marjorie Bertin : Kharif a été écrit à partir d’un texte en partie autobiographique…

Asmaa Houri : C’est une fiction qui s’inspire d’une histoire vraie et de souffrances réelles. De nombreuses femmes atteintes du cancer,  au Maroc, sont délaissées par leurs maris et leurs proches dont beaucoup ont tendance à penser, à tort bien sûr, que la maladie risque d’être contagieuse. Continuer la lecture « Ce fluide impondérable : l’humain »

Quand l’espoir s’appelle Esperanza 

À propos d’ « Esperanza » d’Aziz Chouaki, mise en scène d’Hovnatan Avédikian (à voir dès cette semaine dans le Off d’Avignon).

Si les pièces consacrées aux exilés sont de plus en plus nombreuses sur les scènes contemporaines françaises¹, rares sont celles qui, à l’instar d’Esperanza², mise en scène par Hovnatan Avédikian au Théâtre des Halles, sont nées avant ces tragiques mouvements de migration spectaculaires fortement médiatisés. Edward Saïd l’avait déjà analysé, les expériences de l’exil sont un puissant moteur de formes artistiques innovantes³. Pour autant, rares aussi sont les auteurs en France qui, comme Genet jadis ou Chouaki aujourd’hui, s’emparent de ces drames sans tomber dans la bien-pensance ni le pathos.  Continuer la lecture « Quand l’espoir s’appelle Esperanza « 

« Les Français » de Krysztof Warlikowski, une installation proustienne intime et politique 

Retour sur le spectacle présenté actuellement au Théâtre National de Chaillot.

« Proust est immontable¹ » affirmait il y a peu Warlikowski. Nombreux en effet furent les artistes (Visconti d’abord, puis Losey et Pinter, par exemple) qui se passionnèrent pour un projet d’adaptation de la Recherche du temps perdu avant d’y renoncer. Le metteur en scène réalise ici non pas une adaptation de la Recherche du temps perdu mais une installation proustienne. Il insiste sur un point sensible : il s’agit de sa perception de l’œuvre de Marcel Proust, d’où le titre retenu et la langue choisie pour le spectacle. Une expérience personnelle et subjective de lecteur qui rencontre une volonté politique et esthétique audacieuse, se servir d’un texte majeur de la littérature, le circulaire roman du temps dans lequel « Marcel devient écrivain », pour reprendre la formule de Genette, en s’éloignant du thème de l’écriture.

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