Milo Rau, continuer avec le mal

Inlassablement, Milo Rau continue à cogner aux portes de la réalité. Après avoir évoqué l’affaire Dutroux dans «Five Easy Pieces», il s’attaque avec «La Reprise» à un fait-divers sordide qui a secoué Liège en 2012 : le meurtre homophobe d’un trentenaire, Ihsane Jarfi, à la sortie d’un bar gay.

Fidèles à ses méthodes, Milo Rau et ses compagnons de longue date, les comédiens Sara De Bosschère, Sébastien Foucault et Johan Leysen, ont mené l’enquête, s’immergeant dans les ombres épaisses et lugubres du drame. Continuer la lecture « Milo Rau, continuer avec le mal »

Vers la vraie vie

À propos de «La vraie vie d’Olivier Liron» d’Olivier Liron et Douglas Grauwels ( théâtre Varia, Bruxelles)

À vingt-cinq ans, Olivier connaît la date de labellisation AOC d’une quantité impressionnante de fromages, le nom latin d’une multitude d’arbrisseaux, la date de naissance de tous les cyclistes importants du XXe siècle. Cette accumulation encyclopédique de connaissances a un but : participer à l’émission Questions pour un champion, dont il sera huit fois victorieux. Continuer la lecture « Vers la vraie vie »

Grâce, virtuosité et expérimentation

Récit d’une soirée au Festival XS – Théâtre National (Bruxelles)

Avec le printemps revient au Théâtre National le XS, festival dédié aux formes courtes naviguant allègrement du théâtre à la performance, du cirque au théâtre d’objets. Continuer la lecture « Grâce, virtuosité et expérimentation »

Un pantin fragile

À propos de « Frankenstein » de Jan-Christoph Gockel et Michael Pietsch

Adapté du roman de Mary Shelley, ce Frankenstein mêle à l’histoire de Victor Frankenstein celle du processus de conception de la gigantesque marionnette qui prend vie sous nos yeux. Le spectacle assume donc le côté atelier de bricolage à partir d’un matériau hétérogène. Continuer la lecture « Un pantin fragile »

Amour de l’Autre et mauvais esprit

«We love Arabs» de Hillel Kogan et Adi Boutrous

Au fond, Hillel Kogan n’est pas bien sûr d’aimer tellement les Arabes – et ce n’est pas sans générer, chez ce chorégraphe israélien de gauche, une certaine culpabilité. Ou plutôt, pas certain de si bien connaître l’arabité qui l’entoure, lui qui parle mieux français qu’arabe et dont les références, la culture, l’imaginaire sont avant tout nourris d’Occident. Continuer la lecture « Amour de l’Autre et mauvais esprit »

Gaz, dans la langue de sa mère

Tom Lanoye – Mise en scène de Piet Artfeuille – Avec Viviane De Muynck

Avec La langue de ma mère (Sprakeloos, selon le titre original en néerlandais), Tom Lanoye racontait sa mère jusqu’à l’épuisement, en ruant dans le flot débordant du langage maternel, dans son rythme flamboyant et ses mots en cascade, dont la maladie l’avait, à la fin de sa vie, dépossédée. Dans Gaz, le premier monologue écrit pour le théâtre par l’écrivain flamand, c’est un fils qui se tait, et la mère qui le parle. Continuer la lecture « Gaz, dans la langue de sa mère »

Comme un aimant

À propos de « It’s going to get worse and worse and worse, my friend» de Lisbeth Gruwez.

Danser l’extase du verbe : voilà à quoi s’attaque Lisbeth Gruwez, chorégraphe et danseuse passée par les compagnies de Wim Vandekeybus et Jan Fabre, dans ce solo d’une puissance rare, aussi rigoureux que frénétique.  Continuer la lecture « Comme un aimant »

La démesure des nano-mondes

À propos de «Cold Blood»
de Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael. Texte de Thomas Gunzig.

Quelques années après Kiss & Cry, la chorégraphe Michèle Anne De Mey et le cinéaste Jaco Van Dormael prolongent avec Cold Blood, présenté pour la première fois à Mons en 2015 (1), leur incursion poético-magique dans un univers mêlant théâtre d’objets, nano-danse et cinéma. Continuer la lecture « La démesure des nano-mondes »

Et le corps, alors ?

À propos des « Particules Élémentaires », de Michel Houellebecq, par Julien Gosselin, récemment repris au Théâtre National (Bruxelles).

En 2014, Les Particules élémentaires, adaptation de Houellebecq, révélaient Julien Gosselin, alors âgé de 27 ans, au festival d’Avignon dont il était le benjamin. Continuer la lecture « Et le corps, alors ? »