Accès libres

Deux des spectacles abordés dans notre n°131 « Écrire, comment ? » seront très prochainement à l’affiche à Paris. Extraits.

À propos de La Chose commune, entretien avec David Lescot, réalisé par Sylvie Martin-Lahmani 

S. M.-L. : La Commune est une période de l’Histoire, plus connue symboliquement que de manière factuelle. Pourquoi s’en être emparé aujourd’hui ?
D. L. : Emmanuel (Bex) et moi avions envie de travailler ensemble depuis longtemps et le choix de la Commune s’est rapidement imposé. Comme tu le dis, c’est une période de l’Histoire faussement connue et pourtant passionnante, hautement symbolique ! La Commune, c’est un extraordinaire événement révolutionnaire qui fait écho aux combats et à la situation politique et sociale contemporaine, mais c’est aussi une grande improvisation sociale et politique… Pour tenter de retrouver quelque chose de la folle énergie de cet événement, de la force de ce rassemblement hétéroclite, il nous a semblé que le mélange des genres sur scène serait idéal : mélange de théâtre et de musique, équipe d’interprètes et de musiciens aux talents multiples… Continuer la lecture « Accès libres »

La musique live et la fêlure des mots (2/2)

En deux temps, Georges Banu évoque les liens qu’entretiennent théâtre et musique « live ». Partie 2.

Une visée générationnelle

L’exercice se retrouve dans Apollonia ou le Nouveau cabaret de Warlikowski où régulièrement les épisodes musicaux se distinguent par leur intensité, parfois abusive, trop répétitive. À quoi renvoie un tel déferlement sonore ? Plusieurs hypothèses se dessinent. D’abord, comme jadis pour la vidéo à ses débuts, le désir de rattacher explicitement le théâtre à une modernité générationnelle. Fournir à un public jeune des satisfactions similaires, voire même identiques à celles procurées par les concerts qu’il fréquente avec un engagement éperdu. Comme si les metteurs en scène s’avéraient être révoltés contre le théâtre comme art ancien, suivi prioritairement par un public âgé, peu attiré par les grandes messes des stars rock ou pop. La musique représente un palliatif à cette inquiétude. Continuer la lecture « La musique live et la fêlure des mots (2/2) »

La musique live et la fêlure des mots (1/2)

En deux temps, Georges Banu évoque les liens qu’entretiennent théâtre et musique « live ». Partie 1.

Une émotion s’empara de moi lorsque, dans le jury de sélection organisé par un ami, Andrei Serban le créateur de la célèbre Trilogie antique, invitait les candidats à passer de « la parole aux chants » et sous l’emprise de cette découverte le glissement révélateur constitua l’objet d’un des plus accomplis événements organisé dans les années 90 par l’Académie Expérimentale des Théâtres. Un livre lui a été consacré et nous pouvons y retrouver les témoignages les plus divers, les propos concrets de grands artistes qui ont cultivé cet exercice du « voyage » sonore, source d’une palpitation affective ou d’une rupture agressive. Soit le camaïeu des sons, soit la déchirure des songs. Soit la remontée des échos de l’origine sacrée, soit l’insertion des mélodies urbaines, soit la Grèce, soit l’Allemagne! Avec comme terme intermédiaire l’Italie et le parlarcantando de Monteverdi. Cette indécision fut placée par Heiner Müller sous le signe du fameux propos de Wittgenstein: « Ce dont nous ne pouvons plus parler il faut le taire » car l’écrivain sensible à la question avancée répondit: « Ce dont nous ne pouvons plus parler il faut le chanter ».  Continuer la lecture « La musique live et la fêlure des mots (1/2) »