Voyages théâtraux à l’Est

Lodz, Varsovie, Belgrade, Sarajevo, Bucarest, Prague, Budapest : Georges Banu revient sur ses récents voyages à l’Est.

Le « Mur » ou le « rideau de fer » ne se sont pas effacés suite au vent de l’histoire qui les a emportés en 89 , presqu’en hommage au bicentenaire de la Révolution française qui avait posé les bases de la démocratie européenne. Cette coïncidence symbolique fascine car il est difficile de croire à l’exercice d’un simple hasard : qui a décidé que deux cents ans plus tard, la Prise de la Bastille allait être fêtée par la Chute du communisme ? La question reste ouverte, trouvera-t-elle réponse un jour ? Faible espoir !

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Le théâtre nouveau et le théâtre ancien

Le voyage est souvent ressenti comme une expérience à même de nourrir la pensée concrète, une occasion de transformer la découverte en concept ou, même, théorie. Une pareille conviction motive l’envie de voyage même lorsque le corps semble être rétif à l’effort qu’il comporte, lorsque le désir faiblit….  « Heureusement que j’ai vu cela » – je me dis souvent, enchanté après les réserves initiales que j’ai pu surmonter grâce à des engagements qui imposent le respect. C’est un pareil sentiment que j’ai éprouvé ce printemps lorsque, successivement, j’ai découvert deux extrêmes du théâtre, deux contrastes qui ont conforté la conviction selon laquelle ce qui nourrit c’est toujours le conflit, la tension et jamais la synthèse des oppositions apaisées. Alors le choix devient indispensable, impératif. « Être ou ne pas être » – option radicale entre deux termes que tout oppose.  Continuer la lecture « Le théâtre nouveau et le théâtre ancien »

Entre greffes et réécritures tchekhoviennes

Thomas Ostermeier s’est imposé comme l’artiste à même de ramener à la modernité les pièces d’Ibsen auxquelles il a fait subir un traitement particulier, aussi bien au niveau du traitement scénique que textuel. Pour La Mouette dont il vient d’y avoir la première au Théâtre Vidy – Lausanne, il opte pour un procédé similaire sans qu’il trouve, à mon avis, une même pertinence. Il intègre les références les plus immédiates de notre actualité –  la Syrie, les migrants – en opérant des insertions qui visent, évidemment, à rapprocher l’oeuvre du contexte contemporain. Continuer la lecture « Entre greffes et réécritures tchekhoviennes »

Luc Bondy et le grand intérieur

Texte publié en 1993 dans le n°44 d’Alternatives théâtrales « Théâtre et vérité »

«La vérité se trouve au commencement» conviction souvent reprise que l’abus d’usage n’a pourtant pas galvaudée. Et pour le spectateur français, l’identité de Bondy reste inscrite dans Terre étrangère de Schnitzler, le spectacle de ses débuts parisiens. Depuis, il n’a pas cessé de varier cette image sans jamais la démentir. Oui, au coeur de son territoire, Bondy, je l’ai découvert ce soir-là. Sans désir de fuite, ni agressivité programmée, Bondy parvenait alors à exalter le théâtre comme art où la vie se laisse explorer dans sa matière même. Sans qu’il se confonde pour autant avec elle. Si, pour Brook, le théâtre c’est de la vie concentrée, pour Bondy c’est de la vie accentuée.

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