Circus 68 au Théâtre de Poche de Bruxelles

Mai 68, cinquante ans après… une création de Claude Semal et François Sikivie.

Écoutez, jeunes gens, la leçon de l’Histoire
Jacques Bertin

Mai 68, cinquante ans après… Impossible de passer à côté de l’évènement. Continuer la lecture « Circus 68 au Théâtre de Poche de Bruxelles »

Ma force? Une vision transversale de l’Opéra de Paris

PORTRAIT DE FEMMES #3 : Myriam Mazouzi, directrice de l’Académie de l’Opéra National de Paris. Entretien réalisé par Leyli Daryoush.

Le déterminisme social de Bourdieu, je n’y crois pas vraiment…

Je n’ai jamais baigné dans le milieu dans lequel j’aurais dû me trouver « naturellement ». De père algérien et de mère française, d’origine pieds-noirs et picarde, j’ai fait ma scolarité dans une école catholique privée. Continuer la lecture « Ma force? Une vision transversale de l’Opéra de Paris »

Danse en Iran : une position doublement critique

À propos de Mohammad Abbasi, Sorour Darabi, Setareh Fatehi, Ehsan Hemat, Ali Moini, Hiva Sedaqat, Davoud Zare.

(…) Pour Sorour Darabi, sorti.e diplômé.e en 2015 du Master en études chorégraphiques, les créatures et les choses se situent sur un pied d’égalité. Il.elle aime à déguiser son identité et le discours sur le neutre lui permet d’abolir les distances entre agents humains et non humains, comme de botter en touche les questions oiseuses sur son apparence physique. Continuer la lecture « Danse en Iran : une position doublement critique »

Entretien avec Myriam Saduis

À l’occasion de la reprise d’« Amor Mundi » au Théâtre des Martyrs (Bruxelles) jusqu’au 26 mai, nous publions un extrait d’un entretien de Sabine Dacalor avec Myriam Saduis paru dans le #129 (2016).

La metteuse en scène et auteure Myriam Saduis adapte, en 2012, La Mouette de Tchekhov et signe La Nostalgie de l’avenir qui lui vaut le prix de la mise en scène aux Prix de la Critique en Belgique. Dans cette adaptation où s’entrecroisent Meyerhold, Fernando Pessoa, Philip Roth, Shakespeare, six comédiens engagent sur le plateau une énergie éclatante et une sensibilité aiguës pour le récit tragique d’une impossibilité d’aimer. En 2015, avec sa compagnie Défilé, Myriam Saduis crée, en coproduction avec le Théâtre 95 à Cergy-Pontoise (Scène conventionnée aux écritures contemporaines) et le Théâtre Océan Nord à Bruxelles, Amor Mundi. Sur le plateau s’écrit l’histoire d’une nuit new-yorkaise durant laquelle Hannah Arendt fête avec ses proches la publication de son livre Les Origines du totalitarisme, l’histoire d’une pensée en devenir, en action, en partage. Continuer la lecture « Entretien avec Myriam Saduis »

Frustrations et claustrations : l’enfermement comme sillon. À propos du théâtre d’Anne-Cécile Vandalem.

«Tristesses» est à l’affiche à l’Odéon, Théâtre de l’Europe (Paris). Extrait du dossier paru dans le #129 «Scènes de femmes, Écrire et créer au féminin», juillet 2016.

Tout a commencé par un confinement. L’intérieur domestique se faisait le réceptacle des échappatoires qu’un couple à bout de ressources pouvait chercher au huis clos de ses angoisses et de ses dissimulations : les projections factices d’un écran télévisé et de ses émissions de télé-réalité. Continuer la lecture « Frustrations et claustrations : l’enfermement comme sillon. À propos du théâtre d’Anne-Cécile Vandalem. »

Milo Rau, continuer avec le mal

Inlassablement, Milo Rau continue à cogner aux portes de la réalité. Après avoir évoqué l’affaire Dutroux dans «Five Easy Pieces», il s’attaque avec «La Reprise» à un fait-divers sordide qui a secoué Liège en 2012 : le meurtre homophobe d’un trentenaire, Ihsane Jarfi, à la sortie d’un bar gay.

Fidèles à ses méthodes, Milo Rau et ses compagnons de longue date, les comédiens Sara De Bosschère, Sébastien Foucault et Johan Leysen, ont mené l’enquête, s’immergeant dans les ombres épaisses et lugubres du drame. Continuer la lecture « Milo Rau, continuer avec le mal »

The Beggar’s Opera, le chant du slang

William Christie, Robert Carsen et le dramaturge Ian Burton adaptent « L’Opéra du gueux » de John Gay et Johann Christoph Pepusch au Théâtre des Bouffes du Nord, puis en tournée internationale jusqu’en février 2019.

La pièce s’ouvre sur l’image, hélas familière, de vagabonds enveloppés dans des duvets. Ce sont en fait les associés de Peachum, un chef de bande qui camoufle ainsi ses dealers, et entretient toute une armée de voleurs, receleurs et proxénètes, qu’il couvre grâce à ses contacts dans la police et la politique. Continuer la lecture « The Beggar’s Opera, le chant du slang »

Vers la vraie vie

À propos de «La vraie vie d’Olivier Liron» d’Olivier Liron et Douglas Grauwels ( théâtre Varia, Bruxelles)

À vingt-cinq ans, Olivier connaît la date de labellisation AOC d’une quantité impressionnante de fromages, le nom latin d’une multitude d’arbrisseaux, la date de naissance de tous les cyclistes importants du XXe siècle. Cette accumulation encyclopédique de connaissances a un but : participer à l’émission Questions pour un champion, dont il sera huit fois victorieux. Continuer la lecture « Vers la vraie vie »

L’Éveil du printemps : Ce qui brûle sous terre

Faisant le choix du collectif en démultipliant les pulsions adolescentes dans un grand spectacle pour 12 acteurs et 2 musiciennes, Armel Roussel offre un «Éveil du printemps» (Frank Wedekind, 1891) à la fois très organique et très ancré dans le social.

Aussi viscéralement concupiscents que sages philosophes, ses personnages d’ados en éveil s’accouplent sur la terre mouillée comme ils s’élèvent dans les hautes sphères de la morale. Le metteur en scène, dans un spectacle festif et expansif, ose flirter avec les extrêmes, entre un jeu pulsionnel très physique, parfois caricatural, et un lyrisme élégant, aux nobles aspirations. Il y a de l’outrance à souhait. Et pourtant, le dosage est harmonieux. Continuer la lecture « L’Éveil du printemps : Ce qui brûle sous terre »