Lettres persanes et scènes d’Iran

C’était le 16 juin dernier à La Bellone : le lancement du #132 d’Alternatives théâtrales.

Leyli Daryoush (dramaturge, chercheuse, autrice et membre du comité de rédaction d’Alternatives théâtrales), Maryam Karroubi (directrice artistique d’Artistan) et Amin Zamani (chercheur, doctorant en Arts du Spectacle à l’Université Libre de Bruxelles) se sont entretenus avec Sylvie Martin-Lahmani (codirectrice de publication d’Alternatives théâtrales) et les spectateurs présents à La Bellone.

Alternatives théâtrales #132 Lettres persanes et scènes d'Iran est disponible dans les bonnes librairies et sur notre site132

Les attentes des stéréotypes du « doudouisme » (entretien avec Chantal Loïal)

Suite de notre série consacrée aux défis de la diversité culturelle (en préambule à la sortie du #133 à l’automne prochain) : entretien avec la chorégrahe Chantal Loïal. Propos recueillis par Sylvie Martin-Lahmani.

Sylvie Martin Lahmani : Comment définiriez-vous votre travail de création artistique, envisagé à l’aune de la « diversité culturelle » ? Et que revêt selon vous ce terme devenu d’usage courant au sein des institutions culturelles ?

Chantal Loïal : Je mène, depuis vingt ans, avec ma compagnie, un travail de fond porté par des choix esthétiques singuliers, mais également une force d’engagement sociétal et citoyen, en résonance sensible avec l’idée forte de « créolisation » qui, selon Edouard Glissant, « n’est pas une simple mécanique du métissage : c’est le métissage qui produit de l’inattendu. » Cette « troisième » voie, celle de la créolisation, entendue comme « identité multiple », ouverte sur le monde et la mise en relation des hommes, des cultures et des imaginaires apporte des réponses réalistes et pragmatiques aux problématiques contemporaines du vivre et de l’agir ensemble. Continuer la lecture « Les attentes des stéréotypes du « doudouisme » (entretien avec Chantal Loïal) »

« Il y a deux siècles, les petits bourgeois étaient culturellement des immigrés » (entretien avec Milo Rau)

Metteur en scène et directeur de théâtre suisse né à Berne il y a 40 ans, sociologue formé en France par Pierre Bourdieu et Tsvetan Todorov, fondateur de l’International Institute of political murder (IIPM, maison de production de théâtre documentaire), auteur et metteur en scène des spectacles « Hate Radio », « Compassion », « Five Easy Pieces » et « Empire », depuis peu à la direction artistique du NT Gent, Milo Rau répond à notre questionnaire sur les défis de la diversité.

Christian Jade : Existe-t-il selon vous un problème spécifique d’accès des artistes issus de l’immigration sur les scènes européennes ? En particulier en Belgique que vous connaissez bien pour y avoir monté de nombreux projets en lien avec notre période coloniale Hate Radio, Compassion, Five easy pieces. Et que vous venez d’être nommé à la tête du théâtre NTGent.

Milo Rau : Oui, je crois que ce problème existe et il est très visible : il n’y a pas assez de projets ni assez d’artistes issus de l’immigration dans une majorité  de salles de théâtre européen. Il faut donc inviter plus d’artistes issus des minorités culturelles à rejoindre des ensembles, ce que je vais faire à Gand, au NT Gent. Continuer la lecture « « Il y a deux siècles, les petits bourgeois étaient culturellement des immigrés » (entretien avec Milo Rau) »

« Ne pas jouer la question de la diversité contre celle de l’égalité » (entretien avec Maxime Tshibangu)

En prélude à la parution du #133 d’Alternatives théâtrales (« Quelle diversité culturelle sur les scènes européennes ? » à paraître en novembre 2017) et en parallèle à notre enquête menée auprès des directeurs de structure, nous publions également des paroles d’artistes. Entretien réalisé par Lisa Guez.

Comment définiriez-vous votre travail de création artistique, envisagé à l’aune de la « diversité culturelle » ? Et que revêt selon vous ce terme devenu d’usage courant au sein des institutions culturelles ? 

Maxime Tshibangu : Qu’est-ce qu’on appelle « la diversité culturelle » ? Si je prends mon cas personnel, je suis né au Congo, mais j’ai passé toute mon enfance en France et je suis allé à l’école de la République. J’ai tendance à penser que, même si j’ai été élevé par un père africain, il n’y a pas de différence entre vous et moi en ce qui concerne les outils intellectuels acquis pour penser et analyser la société. Si ma présence sur un plateau de théâtre doit être perçue comme l’apparition sur la scène européenne d’un être « culturellement différent », cela veut dire que ce qu’on appelle « la diversité culturelle » est en fait une façon de parler de mon apparence d’homme noir. Est-ce que lorsqu’on emploie l’expression « la diversité culturelle » cela veut dire que, dans ce pays, on n’assume pas de nommer les choses clairement, de parler de couleur de peau ? Je ne crois pas en l’existence de race. Or, si les races n’existent pas, pourquoi ma présence devrait-elle compter différemment sur une scène ?  Continuer la lecture « « Ne pas jouer la question de la diversité contre celle de l’égalité » (entretien avec Maxime Tshibangu) »

Nicht schlafen, ne pas dormir

Bernard Debroux a vu la nouvelle création des Ballets C de la B, « nicht schlafen », mise en scène par Alain Platel.

Au moment où je partageais la représentation de Nicht Schlafen au KVS (Bruxelles), dernier spectacle d’Alain Platel, l’Angleterre était à nouveau le théâtre d’un acte de violence effroyable sur le « London bridge ».

Concomitance de la violence représentée et de la violence réelle. Continuer la lecture « Nicht schlafen, ne pas dormir »

« N’attends rien mais agis ! »

En prélude à la parution du #133 d’Alternatives théâtrales (« Quelle diversité culturelle sur les scènes européennes ? » à paraître en novembre 2017) et en parallèle à notre enquête menée auprès des directeurs de structure, nous publions également des paroles d’artistes. Cette semaine : Roda Fawaz.

« Bonjour Roda,

Te voilà comédien professionnel. Toi qui n’avais jamais lu de livre de ta vie, tu passes désormais tes journées à citer Shakespeare, Racine, Molière… Félicitations ! Ce métier est une maladie que tu as maintenant dans la peau. Quoi qu’il arrive, je le sais, tu feras tout pour t’y épanouir.  Continuer la lecture « « N’attends rien mais agis ! » »